Sterckeman, un nom qui raisonne aux oreilles des caravaniers depuis de nombreuses décennies… Si l’entreprise existe toujours et produit à Tournon-sur-Rhône en Ardèche, l’histoire de cette marque au Lion des Flandres (logo aujourd’hui disparu), débute à Seclin dans le Nord de la France, plus
précisément dans une station-service de la famille Sterckeman. Un client s’y ravitaille en carburant en 1945. A sa voiture est attelée une caravane, qu’on appelle alors plus communément remorque. Le jeune Alexandre qui s’était rêvé de devenir constructeur de voiture puis s’était fait carrossier de camions de marchands ambulants se lance dans la construction de caravanes dès 1946. La station permet d’exposer les quelques modèles qui sont construits aux clients de passage.

Les spécificités de la marque

Alexandre Sterckeman adopte une construction particulière avec châssis métallique et non pas en bois comme beaucoup de constructeurs de cette époque, spécificité qui durera jusque 1968. Cette solution a été retenue suite à l’observation des carcasses d’avions de la guerre qui s’étaient écrasés
non loin de la maison familiale durant la guerre. De nombreux trous permettraient d’alléger cette carcasse.

Le jeune chef d’entreprise développe également une suspension spécifique et adopte le freinage hydraulique, l’Hydracup, fabriqué en Allemagne par ATE, qui permet à la caravane de freiner en même temps que la voiture, sans décalage comme avec les freins à inertie. Des freins à disque sont même adoptés. Les caravanes Sterckeman utiliseront longtemps cette argument de bon comportement routier et de sécurité dans leurs publicités.

Du point de vue esthétique et du confort, après la forme arrondie des débuts, la marque adopte ensuite un profil plus carré et logeable avec un toit en forme d’aile d’avion. Des baies d’angles font leur apparition en 1959 puis les solutions techniques et le mimétisme avec les marques automobiles
aboutissent à la création de la baie plein soleil, une baie en plexiglas moulé qui englobe toute la largeur du panneau arrière et revient latéralement de chaque côté, sur une hauteur de 60 cm comme un pare-brise de Cadillac.

Les tissus sont choisis et cousus par madame Sterckeman. Avec les années, le design et les essences de bois évoluent pour coller aux attentes des consommateurs d’alors. Les caravanes sont des concentrés de ce qui se fait dans le domaine de l’habitation.

Sterckeman, parmi les premiers producteurs du marché français

Rapidement d’ailleurs, la marque artisanale à leurs débuts s’industrialise progressivement et Sterckeman caracole en tête des constructeurs français, à la première ou deuxième place dans les années1960 avec Digue en terme d’unités de vente. En 1963, Sterckeman vend 2100 caravanes et occupe 11.43% du marché. L’entreprise emploie 120 personnes dont 15 employés de bureau et cadres.

Au milieu des années 60, avec la nouvelle gamme Flash à la forme carrée et toit pointu côtoie l’ancienne durant 3 ans. Elle est dotée d’une suspension Frankel et non plus maison, tout comme les lanterneaux ou vérins de stabilisation produits pour de multiples constructeurs ou les meubles sous-traités dans une grande fabrique belge à Courtrai.

1966 marque à la fois les 20 ans de la marque et la vente de l’entreprise familiale Sterckeman fête ses 20 ans au salon de Paris de 1966. Une campagne de presse est parallèlement lancée dans la revue Caravaning, tout comme une soirée organisée pour les concessionnaires sur un bateau mouche. Alexandre Sterckeman souhaite cependant mettre fin à une activité très prenante et aléatoire. La même année, la famille Digue a également vendu son entreprise. Il croit également à tort le marché arrive à saturation alors qu’il a encore plus de 10 belles années de développement encore.

Des discussions ont lieu André Trigano mais aussi Francis Pollet, administrateur de la Redoute, entreprise de VPC à Roubaix mais la cession se fait fin décembre 1966 avec Bertrand Faure qui rachète 75% des actions. C’est un important fabricant de sièges pour l’automobile en France et en Allemagne. Il possédait 6 usines en France et employait 2400 personnes. Souhaitant se diversifier, il avait réussi la fabrication des matelas Epéda.

La marque continue 12 ans sous la direction de Bertrand Faure avant d’être reprise par le Crédit Lyonnais puis de passer dans les mains de Trigano. La production est depuis 1987 basée à Tournon dans l’Ardèche, également lieu de construction des Caravelair.

Le constructeur après la direction de la famille Sterckeman

Vers 1972, les formes évoluent. La forme au « toit pointu » est remplacée par une nouvelle gamme certainement plus consensuelle. Les noms traditionnellement utilisés par la marque sont utilisés. On trouve la Lovely2 qui a pour ambition d’offrir une caravane toute équipée, sans options comme le proposaient des constructeurs étrangers tels Adria.

Cette dernière est esthétiquement remarquable par une grande bande sable-or, des baies double vitrage teintées et une très grande baie arrière appelée panoramique, même si l’on n’est plus le système des années 60.

On a également, la senior + avec une bande plupetite, les Flash en entrée de gamme et la mini gamme Serpolette qui s’intercale entre celles-ci.

1979 marque la fin de la progression continue du marché de la caravane. Après cette date, la tendance s’inverse et le camping-car progresse fortement. Il y a encore tant dire sur les caravanes Sterckeman puisqu’elles sont toujours produites. Ce sera pour plus tard.

Sources :
-Christian Sterckeman, La belle histoire de « Caravanes Sterckeman , La Voix du Nord, 2005
-La voix du Nord du 27 novembre 2009
-Site du Sénat : http://www.senat.fr/questions/base/1987/qSEQ870606728.html
-publicités tirées du compte Facebook du Rétro Camping Club de France

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A propos de l'auteur

Christophe Leroy

Christophe est un passionné de caravanes anciennes. Il est membre et très actif au sein du RCCF (Rétro Camping Club e France).

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