La caravane rigide impose certaines contraintes qui ont conduit, dès l’origine, les constructeurs de ces remorques de loisirs à proposer des caravanes pliantes pour les vacances en camping :
– la prise au vent qui crée un effort conséquent pour le véhicule tracteur
– l’hivernage qui nécessite des garages avec une ouverture très grande, au-delà de 2 mètres.
Comme nous le verrons, la pléthore de constructeurs français et limitrophes des années 50/60/70 ont proposé de nombreuses solutions de caravanes pliantes. Ce vocable regroupe en réalité des propositions très variées : pliantes toiles, pliantes mi-toile mi-rigides, pliantes rigides ou caravanes surbaissées. Partons à la découverte quelques unes de ces ingénieuses caravanes.

Les pliantes rigides ou partiellement rigides

Elles offrent peu de prise au vent mais un réel confort à l’étape car elles disposent d’un mobilier complet. Elles sortaient essentiellement l’été et au camping, les voisins s’amusaient parfois en voyant leur montage qui nécessitait souvent comme ne le montraient pas les publicités un certain tour de main !

CARAVANES PLIANTES ESTEREL

Ces caravanes, essentiellement pliantes sont construite en Seine-Maritime, près de Rouen dès la fin des années 50.
Le plus petit modèle est la Sillage qui fait 2m65 de longueur, dispose de côtés rigides mais d’un toit en toile façon 2cv. Très légère, faisant moins de 500 kg, elle convient à des voitures de petit-cylindrée, comme on le voit dans les publicités.

Petit Esterel pliante avec toit en toile

Viennent ensuite des modèles avec toit rigide de 3m de longueur qui conservent pas rapport aux Casita que nous verrons ensuite une hauteur de caisse plus importante. On les appelle RIGIPLI pour « rigides » et « pliantes ». Leurs parois sont en sandwich, plastifiées à l’extérieur, le toit en polyester.

Courant 1970, elles se rapprochent des CASITA de la même époque avec une hauteur de caisse plus basse, autour de 1m15. Avec les années des vérins viennent aider à la manœuvre comme l’indiquent les publicités.

les caravanes pliantes casita

La marque ardennaise de Bogny-sur-Meuse du groupe LENOIR et MERNIER a été un des leaders de la caravane pliante jusqu’à sa fermeture en 1984. A l’origine elle construisait des boulons puis des barres de fer avant de se diversifier avec la construction de loisirs en 1963.

Les modèles 245 et 300 avec toit en dur et parois en toile

Elle proposa dans une premier temps une pliante toile avec toit rigide appelée 245 ou 300 suivant leur taille. Reconnaissables à leur toile bleue dans un premier temps puis brune, les toiles de côté se relevaient pour laisser place à des ouvertures à moustiquaire. Le toit rigide était joliment recouvert à l’intérieur de capiton entrecoupé de lattes de bois. CASITA construisit ensuite des modèles rigides plus « classiques » appelées SAPHIR ou OPALE.
La JOLIETTE retient l’attention avec sa chambre tiroir sur l’avant, en toile qui en fait un modèle particulièrement compact repliée mais propose malgré tout 4 places à l’étape.

CASITA Joliette

Deux surbaissées furent aussi proposés avec la gamme S, fin 60, début 70, solution intermédiaire pour tracter la caravane plus facilement tout en pouvant à l’étape profiter de l’intérieur de la caravane pour se restaurer ou se reposer. Ici les toit s’abaisse en repliant à l’intérieur les 4 pans sur 20 cm environ.

La drôle de boite CARATELES

Cette caravane construite autour de 1970 en Loire-Atlantique par les établissements JOUAULT est télescopique et se remonte avec une manivelle. La hauteur sur route est de 1m53 et sa largeur de 2m11. Elle est en résine de polyester renforcée de fibre de verre.

Les pliantes toile

La pliante toile marque pour le campeur une progression dans l’échelle du confort. On dort désormais hors-sol, on s’éloigne de l’humidité et la caravane peut intégrer quelques élément de confort comme un vrai matelas, une dinette voire une cuisine souvent en coffre.
Un article du Caravanier de 1970 précise ainsi « l’appariation des tentes sur roue comblait ainsi les vœux des campeurs aspirant à devenir caravaniers mais qui pour des raisons multiples (coût, puissance de la voiture) voyaient leur rêve s’estomper dans un lointain indéfini. »

Jamet

L’entreprise Jamet, a été fondée à Grenoble en 1929 par le champion de ski de fond André Jamet. Proposant au départ du matériel de ski puis des tentes, il devient à partir de 1951 producteur d’équipements (sacs de couchage surtout), de grandes tentes modernes plus logeables pour les familles que les canadiennes mais aussi de caravanes pliantes. Il cède l’entreprise à SEB en 1975. C’est dans ces années que nait la JAMETIC, une pliante toile à ouverture automatique, 30 secondes selon la publicité.

A la fin des années 70,  Si Jamet se partage alors à peu près également avec Trigano et Raclet les 75% du marché français de la tente de camping, l’entreprise reste incontestablement leader européen de la caravane pliante avec 20 à 25% du marcé devançant dans ce domaine TRIGANO et RACLET.

Raclet

Dans la Sarthe, Les établissements RACLET nés en 1919 proposent à partir de 1930 des tentes pour l’armée, les chantiers ou les camps de jeunesse. Ils se tournent également vers la construction de pliantes toile tant la demande croit durant les Trente Glorieuses. Trois modèles sont proposés aux noms Bretons qui évoquent les vacances : Fréhel, Bréhat et Ouessant. La caisse est en polyester stratifié monobloc et armature en Duralinox.

De nombreuses marques ont proposé des pliantes toiles similaires comme ERKA qui est toujours connu pour la fabrication de ses remorques et appartient de nos jours au groupe TRIGANO.

Pliante toile ERKA de 1970

Les caravanes La BOHEME fabriquées dans les années 70/80 à Angerville dans l’Essonne proposaient des rigides comme des pliantes toiles. La caisse proposait un espace de vie avec des coffres permettant de ranger les affaire des campeurs voire un bloc cuisine comme on le voit sur la publicité. De part et d’autre se trouvaient les chambres.

la Bohème 1970

Quelques caravanes étrangères

La belge WAWA

Cette caravane construite à partir du milieu des années 50 en Isorel, très légère, a une côte sympathie très forte. Sa forme très arronde en forme de goutte d’eau n’y est pas pour rien. On ne peut parler de pliante mais de surbaissée. Les publicités parlent étrangement de caravane extensible. Le belge serait-il proche mais légèrement différent du français ? Ici c’est juste l’avant qui se lève à l’arrêt, faisant gagner 20 à 30 cm de hauteur en roulant. 160,180 ou 200, leur nom évoque en réalité leur largeur.
Elles possèdent également une belle baie arrondie à l’arrière qui suivant les années est opaque, orangée ou incolore. La plupart possédaient un système de petites double roues jumelées. Très légère, elle n’étaient pas forcément freinées.

La néerlandaise PARADISO

Si beaucoup de marques mettaient en avant la simplicité de pliage et dépliage de leur modèles avec des temps très souvent sous estimés comme 1 ou 2 minutes, ces caravanes des Pays-Bas construites dans les années 60-70 ont sans conteste la palme de la facilité. Les publicités évoquent carrément le 3 secondes ! Trois minutes sont en réalité nécessaire pour la monter mais ici on n’est pas face à une usine à gaz et une seule personne peut faire l’opération. Le toit est en effet solidaire des parois latérales qui sont en toile. Aussi, il suffit de lever l’avant puis l’arrière, manœuvre facilité par un des compacts à ressort qui empêchent la toit de retomber durant la manœuvre. Deux modèles étaient proposés, la compact, deux places ou la T3, 3/4 places. L’avantage de cette pliante est qu’elle dispose de mobilier qui reste en place. Le bloc cuisine se pose au sol. En option une penderie était proposée. La paroi latérale côté porte est aussi totalement relevable, ce qui offre une agréable sensation d’espace et d’ouverture sur l’extérieur.

Les publicités d’époque évoquent même des parois à rajouter l’hiver pour assurer une meilleure isolation. Il fallait tout de même être courageux pour partir en caravaneige avec ce type de caravane !

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A propos de l'auteur

Christophe Leroy

Christophe est un passionné de caravanes anciennes. Il est membre et très actif au sein du RCCF (Rétro Camping Club e France).

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